La MSA 44-85, comme chaque année, a organisé le Trophée Prévention Jeunes et, pour cette édition, la finale se déroulait au Puy du Fou. Ce trophée est proposé aux élèves des Lycées Agricoles qui doivent présenter un projet susceptible d’améliorer la prévention en matière d’accident ou de santé chez les actifs agricoles. Un groupe d’élèves de 1ère Bac Pro Conduite et Gestion de l’Entreprise Agricole de l'Ecole d'Agriculture de Derval (44) avait décidé de participer et de traiter un sujet difficile « le mal être chez les agriculteurs ». Valentin, l’animateur du groupe victorieux, a bien voulu répondre à quelques questions.
Valentin, pour quelles raisons avez-vous choisi de traiter un thème particulièrement difficile ?
C’est tout simplement parce que ce problème nous concerne, soit à titre personnel, soit des copains ou des voisins et dans tous les cas, les conséquences sont graves pour l’agriculteur et son entourage. Dans le même temps, on n’en parle pas ou peu, donc nous avons choisi d’en parler sous forme d’un débat télévisé illustré par un diaporama.
Alors, comment avez-vous procédé pour traiter ce problème ?
D’abord, nous n’étions pas seuls à monter ce projet, 2 enseignants de l’Ecole et une conseillère prévention de la MSA nous ont accompagnés. Notre objectif était d’abord de mettre en évidence l’importance du problème que nous voulions traiter, mais nous avons eu la surprise de découvrir (même avec Internet) qu’il n’y avait pratiquement pas de données sur le sujet. Dès lors, nous avons choisi de travailler à partir de témoignages que nous avons trouvés auprès d’agriculteurs, de copains de la classe ou d’ élèves du groupe . Nous avons également rencontré l’association « SOS Paysans en difficulté ». Cela nous a permis de collecter des informations. Par la suite, nous avons travaillé sur la mise en scène.
Alors, comment s’est passée cette finale ?
Pour le groupe, cette présentation a d’abord été un formidable exercice d’expression orale puisqu’il s’agissait de présenter un sujet difficile devant un jury et un public de professionnels. Mais tout s’est très bien passé, nous étions très motivés et le groupe était très soudé. Le jury, composé de médecins de la MSA, de conseillers et d’administrateurs, a été très sensible à notre prestation et nous a félicités. Hasard ou pas, depuis cette présentation, nous avons constaté que le journal Ouest France avait consacré plusieurs articles sur le sujet. Un syndicat agricole a même mis ce thème à l’ordre du jour de son congrès.

Quelle suite pensez-vous donner à votre travail ? Vous avez sans doute fait des propositions ?
Tout à fait, nous espérons que notre travail a sensibilisé d’abord la MSA et l’ensemble des personnes présentes lors de notre exposé. Nous avons fait des propositions destinées aux jeunes, futurs actifs agricoles. Nous avons découvert que ce problème est très important et s’accentue (on parle de 400 suicides par an chez les agriculteurs), mais qu’il reste tabou … Il faut que cela évolue et c’est à nous, jeunes, d’agir dès maintenant de la façon suivante :
d’abord au niveau des programmes de formation. Nous travaillons, par exemple sur notre projet d’installation, et pour cela on nous donne de nombreuses références techniques et économiques, il y a des techniciens, des banquiers, des conseillers… mais au niveau social, rien ou si peu. Nous pensons que ce n’est pas normal car tout projet doit apporter du bien-être à celui qui va le mettre en place. En faisant ce travail, nous nous sommes rendu compte que le « bien-être animal » est beaucoup plus considéré que le bien-être du salarié ou de l’agriculteur,
notre seconde proposition concerne la mise en place d’un lieu ou d’un temps d’écoute pour les élèves qui ont des proches touchés par ce problème. Ils arrivent au lycée le lundi matin avec ce fardeau qui est sans doute plus lourd à porter que leur cartable ou leur sac. Dans ce lieu, entre copains, on pourrait en parler et ce serait déjà beaucoup. Enfin, nous pensons que nous, jeunes, sommes bien placés pour faire le lien entre la famille et l’école, pour transmettre ce que nous entendons et, pourquoi pas, dire à nos parents qui envisagent d’investir, de s’agrandir : « Et sur le plan social, vous pensez suivre ? ».

La MSA a récompensé ce groupe d’élèves en leur remettant un chèque de 1000 euros
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