Luc Guyau, nouveau Président de la FAO "Food and Agriculture Organisation" of the United Nations est intervenu au cours d'une conférence sur "les défis de l'agriculture au XXIème siècle" à l'Ecole des Etablières de la Roche sur Yon (85).
Portrait de Luc Guyau Après un BTA aux Etablières en 1965, il est devenu administrateur de l’établissement. Il conduit une exploitation à dominante laitière de 160 hectares en GAEC avec son frère et son neveu. Ses engagements : Président des Jeunes Agriculteurs de Vendée en 1976, il est devenu Président de la FNSEA en 1992 puis de l'APCA. Président également de la COPA (Comité des organisations professionnelles agricoles) et de la FIPA (Fédération Internationale des Producteurs Agricoles), Luc Guyau s'ouvre sur l'Europe et les Pays en développement. Il est aussi Vice président de CES, (Comité Economique et Social) chargé de l'agriculture. |  |
Ses idées fortes sur l’agriculture de demain :
Les Chambres d'Agriculture sont engagées dans la réforme "Terre d'Avenir".
Elles se réorganisent, mutualisent les services communs autour de 6 domaines : économique, environnemental, sociale, innovation, répondre aux demandes sociétales et pour une meilleure efficience économique.
Les défis de l'agriculture au XXIème siècle
La PAC, une ambition au cœur de l'Europe : Si la PAC représente 50% du budget européen, c'est parce que c'est la seule politique intégrée. Mais n’oublions pas que ce budget ne représente que 0.5% du PIB des pays européens. Il convient de mieux répartir ces aides, qui représentent parfois plus de la moitié du revenu de certains agriculteurs.
L'agriculture durable a besoin d'un minimum de régulation pour tenir compte des aléas climatiques et des habitudes des consommateurs. Lorsqu'un agriculteur disparaît à cause d'une crise, il ne revient pas, et cela touche l'emploi en milieu rural.
L'agriculture française a une balance commerciale excédentaire de 9 milliards. Ce qui diminue un peu le déficit commercial énorme de la France. Ne pas exporter nos produits agricoles augmente la précarité dans le monde.
L'Europe va remplacer la PAC par une Politique alimentaire agricole territoriale pour fédérer plus facilement les forces. Le commerce des produits agricoles à travers le monde est nécessaire car nos stocks représentent aujourd'hui pas plus de 80 jours de réserve.
Les objectifs à venir :
- Développer la sécurité alimentaire respectueuse de l'environnement,
- Mieux répartir les aides, les soutiens, les régulations et les assurances,
- Tenir compte de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) où les Pays en voie de développement demandent que les aides à l'agriculture diminuent.
Mais réduire les aides ne signifie pas les supprimer car nous ne pouvons pas faire fi des règles d'hygiène, des règles sociales et des règles de sécurité alimentaire.
Les exportations des produits alimentaires représentent 10% de la production agricole dans chaque pays. La France doit préserver ses exploitations, éviter le "yoyo" des prix agricoles qui va de + 50% à -50% d'une année sur l'autre. Et la contractualisation entre producteurs et grandes surfaces doit trouver une équité, pour permettre aux agriculteurs de prévoir sur 2 à 3 ans.
L'agronomie restera toujours une matière essentielle dans la formation des agriculteurs. L’agriculture biologique développe une agriculture respectueuse de l'environnement mais il vaut mieux que tous progressent doucement dans ce sens plutôt qu'un faible pourcentage. Tel est l'objectif de l'agriculture raisonnée développée depuis plus de 20 ans.
Au niveau mondial : les 6 milliards d'hommes deviendront 9 à 11 milliards en 2050 qu'il faut nourrir avec moins de terres. Si la production doit changer, notre consommation aussi. Si tous les hommes consommaient comme un américain, il faudrait une dizaine de planètes Terre !
Pourtant 40% de la production agricole ne sert pas à nourrir. Pendant que nous jetons nos produits, d'autres meurent de faim. Si certains pays achètent des terres dans les pays pauvres pour participer au développement local, certains voudraient tirer profit des terres sans en faire profiter les populations locales.
La FAO, organisation des Nations Unis, rassemble 191 pays. Chaque pays a une voie, Andorre comme les Etat Unis.
1.5 Milliard d'€ chaque année permet :
- Le développement de ce puits de science sur l'agriculture mondiale,
- La coordination des actions dans les pays en développement,
- De répondre aux situations de crises alimentaires dues au climat ou aux guerres,
- Le développement d'une infrastructure de soutien : le PAM, Programme d'Alimentation Mondiale grâce à des fonds d'investissement.
Le premier objectif est de défendre le droit de tout homme d'avoir accès à se nourrir.
Des enjeux importants :
- Eviter les transports inutiles entre producteurs et consommateurs, changer nos comportements,
- Produire plus, mieux, avec moins de produits entrants,
Le problème de la faim dépend des deux bouts de la chaîne : les pays riches doivent changer de comportements, arrêter les gaspillages; et les pays en développement doivent avoir la possibilité de produire des produits alimentaires.
Luc Guyau invite donc tous les établissements du CNEAP à s’engager pour une nouvelle éthique de la gestion des ressources alimentaires développée par TerrEthique, organisme avec lequel le CNEAP vient de signer une convention.
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